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| La métaphore dans l'hypermedia (Mémoire de DEA : A.-S. Collard) | ||
L'introduction du mémoire de A.-S. Collard est publiée sur cette page. Si vous souhaitez lire l'entièreté du travail, CLIQUEZ ICI. Si vous souhaitez disposer du mémoire avec annexes, CLIQUEZ ICI. INTRODUCTION: Le World Wide Web, avec une estimation de 50 millions de home pages en 1997, est actuellement le plus grand réseau de documents hypermédiatiques, rassemblant du texte, des graphiques, du son, de la vidéo, des animations, etc (1). Il permet à de plus en plus de personnes de donner et d’avoir accès à un grand nombre d’informations d’origine et de nature variées, reliées entre elles. Mais cette ouverture aux contenus n’est pas suffisante pour affirmer que cet échange de connaissances est bel et bien réalisé. L’explosion de dispositifs hypermédiatiques a fait naître un enjeu sans cesse croissant sur la manière dont ces informations vont être communiquées. Les réalisateurs d’hypermédias sont amenés à devenir de véritables concepteurs de dispositifs communicationnels pour que la diffusion de ces supports ne tombe pas dans l’illusion de la communication. Parallèlement, les possibilités techniques offertes aux réalisateurs se multiplient. Elles améliorent l’implémentation des différents médias mis en ligne. Les aspects sensoriels du dispositif font également leur apparition. Une nouvelle dimension est ajoutée au visuel grâce, notamment, aux animations et aux interfaces 3D. Les autres canaux sensoriels, comme le toucher et l’odorat, pourront aussi sans doute un jour faire leur apparition sur le web. Ces brèves considérations sur ce que la technologie promet induisent nécessairement la question de l’usage de ces possibilités en termes communicationnels. Face aux potentialités techniques et communicationnelles des hypermédias, le concepteur est conseillé, encadré. Des ouvrages, des articles, des sites web, des formations proposent divers outils et recommandations pour concevoir un dispositif, sur le plan ergonomique, communicationnel ou méthodologique (2). La métaphore fait partie de la panoplie de conseils prodigués pour réaliser un bon site (3). Divers hypermédias, mettant en oeuvre un concept métaphorique, voient ainsi le jour. En 1985, des chercheurs ont mis au point un hypermédia métaphorisé appelé le Symbolics Document Examiner. L’objectif du design de l’interface était d’être le plus simple possible pour les utilisateurs. A cette époque, le principe de l’organisation hypertextuelle n’était pas encore fort répandu. Les concepteurs se sont alors penchés sur la métaphore du livre. Ils ont divisé l’information en chapitres et en sections, et ils y ont joint une table des matières. L’utilisateur avait également la possibilité d’insérer des signets (4). Cet exemple tiré de l’histoire des hypermédias montre que très vite le besoin d’utiliser des métaphores s’est fait ressentir. En utilisant un concept plus familier pour comprendre l’hypermédia, la métaphore permettrait de faciliter l’appréhension du dispositif. L’utilisateur parviendrait mieux à en comprendre le fonctionnement puisqu’il se baserait sur des connaissances déjà acquises dans un autre domaine. Cet argument est souvent avancé par les concepteurs qui cherchent à favoriser l’utilisation de métaphores dans la construction d’hypermédia. Nous pensons cependant que les arguments qui sous-tendent cette tendance méritent une étude plus approfondie. Quelle réflexion préside à ces recommandations et à ces choix ? Quel est le but de l’utilisation d’une métaphore ? Est-ce un choix guidé uniquement par l’esthétisme, où la métaphore n’est qu’une simple ornementation ? Nous pensons que la métaphore, quand elle est utilisée pour la conception d’un hypermédia, joue un rôle dans l’échange communicationnel qui va au-delà de ses potentialités esthétiques. Quel est exactement ce rôle ? Comment fonctionne-t-elle ? Qu’est-ce que la métaphore permet ou ne permet pas, à quel niveau ? Qu’est-ce qu’elle implique en terme d’effets cognitifs, sur les plans de la navigation et de l’acquisition de connaissances ? Quels rapports entretient-elle avec l’apprentissage ? En bref, nous cherchons à étudier les effets de l’utilisation de la métaphore dans la construction des hypermédias sur la compréhension du dispositif et de ses contenus. Cet objet de recherche constitue le cadre général de ce travail de mémoire. En réalité, il le dépasse amplement. Notre démarche se limite à proposer les bases théoriques d’une définition de la métaphore dans l’hypermédia et, à partir de cette analyse, d’évoquer des pistes de recherche potentiellement exploitables dans le cadre d’une thèse de doctorat. Nous avons choisi, pour réaliser cette première étape de recherche, d’établir des fondations générales, plutôt que de nous centrer sur l’étude approfondie et exhaustive d’un point particulier. Il ne s’agit donc pas de faire le tour de la question. Les données de ce travail devront bien entendu être confrontées ultérieurement avec d’autres approches et d’autres théories pour être enrichies, ou éventuellement être abandonnées. Elles n’ont pas d’autres prétention que de constituer une base de réflexion. La métaphore est, en résumé, une projection d’un concept sur un autre. Afin de systématiser notre propos, nous avons distingué la notion de concept et la projection métaphorique proprement dite. Pour comprendre et expliquer ce phénomène, le processus métaphorique, nous commençons par étudier le fonctionnement et la structure de notre système conceptuel ordinaire (chapitre I). L’étude du traitement métaphorique est ensuite exposée dans le chapitre II. Elle est une première étape qui vise à investiguer la notion de métaphore indépendamment de celle d’hypermédia. Notre champ d’investigation se réduit cependant à deux approches particulières. L’objet général de notre recherche centré sur la compréhension et l’acquisition de connaissances nous conduit à envisager la métaphore comme un processus cognitif. Ce travail s’inscrit dès lors dans une approche cognitive. La perspective développée entretient également un lien privilégié avec le courant expérientialiste, et plus particulièrement avec le point de vue d’un de ses représentants, George Lakoff, même si nous adoptons parfois une certaine distance par rapport à ses propos. Notre exposé sur le système conceptuel et sur la métaphore est en outre enrichi par l’apport de différentes théories d’auteurs tels que Donald Norman et David Rumelhart, Gilles Fauconnier, Dedre Gentner et al. Nous privilégions le choix d’un nombre restreint d’auteurs plutôt que la diversification maximale de perspectives afin d’exploiter et de confronter au mieux les apports de chacun en vue de la formation d’un modèle original de notre système conceptuel et du traitement cognitif de la métaphore. Nous explorons ensuite la notion d’hypermédia (chapitre III). Cependant, pour des contraintes de temps mais aussi parce que ce travail a pour seule ambition de poser les bases d’une définition de la métaphore dans l’hypermédia, nous devons restreindre notreinvestigation à une définition littérale des éléments constitutifs de ce dispositif, c’est-à-dire une définition qui n’exploite pas de manière systématique les aspects liés à la compréhension des hypermédias, ce y compris la navigation et le phénomène d’acquisition de connaissances. Cette restriction a pour conséquence que nous présentons une série d’éléments qui ne seront pas exploités et intégrés en tant que tels dans les chapitres suivants. Nous pensons pourtant, en restant cohérente avec notre démarche, que leur présence dans ce mémoire garde son sens parce qu’ils font partie des bases de notre recherche. La décision de ne pas examiner la compréhension des hypermédias implique également que les pistes de recherche proposées dans le dernier chapitre sont des hypothèses qui doivent encore passer l’épreuve de l’étude théorique, avant l’épreuve expérimentale. Au chapitre IV, nous rapprochons les éléments soulevés dans les trois premiers chapitres pour construire une définition de la métaphore dans l’hypermédia, l’objet proprement dit de ce travail de mémoire. Cet exposé nous mène enfin à élaborer une série de pistes de recherche générales sur la compréhension de la métaphore dans l’hypermédia (chapitre V).
(4) NIELSEN Jakob, Multimedia and hypertext. The Internet and beyond, San Diego (California), Morgan Kaufmann (Academic Press), 1995, pp.50-51. |
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