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Articles sur la métonymie :
 

Lien (cliquez ci-dessous) :

Lecolle, M. : Toponymes en jeu: Diversité et mixage des emplois métonymiques de toponymes

Lecolle, M. : Résumé de la thèse: Métonymies et figures de référenciation dans la presse écrite généraliste. Analyse sémantique et rhétorique

 

 

Pouquoi je publie sur ce site des articles concernant la métonymie?

Au premier abord, il pourrait sembler hors propos que je publie des articles au sujet de la métonymie. En effet, je ne publie sur ce site que des articles traitant de la métaphore.

Toutefois, publier des articles sur la métonymie n'est pas hors sujet. Cela pour deux raisons:

1) La métaphore et la métonymie sont tous deux inclus dans la catégorie rhétorique des tropes. Un grand nombre de métaphorologues estiment qu'un éclairage théorique concernant la métonymie peut favoriser un éclairage sur le mécanisme de la métaphore. Par exemple:

Le Groupe Mu: " (...) métaphore et métonymie apparaissent comme des tropes complexes: la métaphore accouple deux synechdoques complémentaires, fonctionnant de façon inverse, et déterminant une intersection entre degré donné et degrés construits (...) Comme la métaphore, la métonymie est un trope à niveau constant, compensant les adjonctions par des suppressions et vice-versa. Mais alors que la métaphore se fonde sur une intersection, la relation entre les deux termes de la métonymie s'effectue via un ensemble les englobant tous les deux" ( in Rhétorique de la poésie, Seuil, 1990, p.53-54).

U. Eco : "(...) on a une métaphore quand, à partir d'une identité de métonymies (deux propoiétés semblables dans deux sémèmes différents), on substitue uu sémème par un autre. (...) les métaphore sont des métonymies qui s'ignorent et qui un jour le deviendront" (in Sémiotique et philosophie du langage, 1988, PUF, p.177)

A. Henry : "Pas de métaphore qui ne soit toujours plus ou moins métonymique; pas de métonymie qui ne soit quelque peu métaphorique [p.74](...). La métaphore est donc fondée sur un double envisagement métonymisant, elle est la synthèse d'une double focalisation métonymisante, en court-circuit (...)" (in Métonymie et métaphore, Académie Royale de Belgique, 1984, p.98)

(Les propositions citées ci-dessus -si elles ne sont pas à prendre comme des vérités indubitables- invitent tout de même à questionner les rapports entre métaphore et métonymie...)

2) A divers endroits de ce site, j'insiste sur le fait que métaphore et métonymie n'ont de sens qu'en parlant en termes d'interprétation métaphorique et métonymique. En effet, un même énoncé peut être interprété métaphoriquement par certains, métonymiquement pour d'autres. , à partir des concepts de cotopie et d'allotopie de Marc Bonhomme, on peut arriver à la même conclusion:

Bonhomme (in Linguistique de la métonymie, Peter Lang, 1987) dénomme cotopie ce qui « découpe des blocs homogènes et structurés à l'intérieur (…) [d'une] langue, engendrant chaque fois autant de micro-univers discursifs. (…) La cotopie délimite des ensembles sémantico-référentiels constitués d'un topos (ou d'un thème) de base autour duquel s'agglutinent des polarités lexicales qui sont compatibles à la fois avec le topos et entre elles » (Bonhomme, idem, 43-44).

C'est à partir de cette notion de cotopie que l'auteur distingue la métonymie de la métaphore. En bref, la métonymie est « la violation des relations logico-référentielles incluses dans une cotopie » (idem,49). Par exemple, dire ‘Hier, Rome a rencontré Washington', c'est substituer un représentant canonique de Rome à la ville dans laquelle il est implanté depuis des siècles. La métonymie a quelque chose de la métaphore (dans son caractère substitutif), mais en règle générale elle est beaucoup moins puissante : L'espace de jeu de la métonymie est beaucoup moins vaste que l'espace de jeu métaphorique. En effet, la métaphore est fondée sur une « rupture cotopique », c'est-à-dire sur une « jonction allotopique » (idem,50). « Quand la puissance de la métonymie est freinée par le cadre cotopique, celle de la métaphore est infinie, du fait que les circuits allotopiques sont inépuisables » (idem). Pour reprendre l'exemple de l'auteur, rien empêche de dire du pape qu'il est un magicien, un lion, un phare. La métonymie reste « toujours dans le MÊME, ne franchissant jamais les frontières de l'altérité à partir desquelles débute la métamorphose stricte » (idem,195).

La cotopie est un « paysage » (idem,197) délimité par une contiguïté phénoménale. Nommer le Pape ‘Rome', c'est le laisser dans le même paysage ; Par contre l'allotopie joue de plusieurs paysages : Il suffit de dire du pape qu'il est un lion pour le télétransporter dans un autre paysage (la cotopie /jungle/ ; ou bien de dire du pape qu'il est un magicien pour le télétransporter dans le paysage cotopique /féérie/.

Toutefois, les limites entre métaphore et métonymie ne sont pas toujours aussi tranchées. Bonhomme insiste sur le fait que l'espace cotopique constitue un « ensemble flou » (idem,301). En effet, dire ‘le pape est un lion' est un métaphore puisqu'il y a confrontation de deux cotopies qui n'ont rien à voir l'une l'autre. « Mais il aurait suffit que tel pape possédât effectivement un lion au Vatican pour que l'assimilation devînt cotopique et donc métonymique » (idem,301).

J'irai personnellement plus loin en soulignant que la distinction entre métonymie et métaphore doit non seulement prendre en considération les relations logico-référentielles socialisées  ( communes ou sociolectales ) mais aussi les relations idiosyncrasiques (ou idiolectales ). Pour repartir de l'exemple de Bonhomme (1987), si, dans ma chambre, j'ai la photo d'un pape à côté d'un poster d'un lion, et que je dénomme ce pape ‘Lion' par contiguïté (avec beaucoup d'humour…), il s'agira d'une connexion métonymique entre /pape/ et /Lion/ étant donné qu'ils sont juste l'un à côté de l'autre dans ma chambre ; ils sont dans un même espace cotopique matérialisé ici par ma chambre. Je ne serai pas compris par les autres quand j'appellerai le pape en question ‘Lion' si je le vois à la télé ; Mais ça ne change rien au processus en jeu. Il faudrait donc parler ici d'une métonymie idiolectale.

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