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| Définitions de la métaphore | ||
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"Dans le domaine linguistique notamment, le mot de métaphore sert à désigner des phénomènes mal circonscrits et si variés qu'il n'est pas toujours facile de savoir de quoi l'on parle au juste" (Tamba, In Charbonnel, 1999, 207). (Les références exactes des définitions se trouvent dans la bibliographie)
Aristote (1991, 302): Substitution d'un mot à un autre Aristote : La métaphore est le transport à une chose d'un nom qui en désigne un autre, transport ou du genre à l'espèce, ou de l'espèce au genre ou de l'espèce à l'espèce ou d'après le rapport d'analogie Bally (non daté, 187): [La métaphore] n'est autre chose qu'une comparaison où l'esprit, dupe de l'association de deux représentations, confond en un seul terme la notion caractérisée et l'objet sensible pris pour point de comparaison. Celui qui dit: 'Cet homme est rusé comme un renard" (comparaison), énonce sous une forme analytique la même chose que s'il dit: "cet homme est un renard" (métaphore). D'ailleurs ces associations sont fondées sur de vagues analogies, parfois très illogiques Barthes (1964, 76): Toute série métaphorique est un paradigme syntagmatisé Barthes (1970, 165): Le [groupe des métaboles] comprend tous les connotateurs qui comportent une conversion sémantique; soit la métaphore: voyageuse de nuit = vieillesse; la chaîne sémantique s'établit de la façon suivante: Sa1 (/voyageuse de nuit/) = Sé1 ("voyageuse de nuit") = Sé2 ("vieillesse") = Sa2 (/vieilesse/); dans cette chaîne, la conversion retient Sa1 = Sé2 Bonhomme (1987, 49-50): La métaphore se définit ainsi comme une dénotation synthétique fondée sur la rupture cotopique -ou sur la jonction allotopique-, source de fortes incompatibilités dans le pôle tropique (..). [Elle] se manifeste comme un trope transitif reliant une quantité de cotopies grâce à son opérateur que l'on peut qualifier d'opérateur ESSE et qui établit les équivalences les plus inattendues entre les cotopies les plus diverses. Quand la puissance de la métonymie est freinée par le cadre cotopique, celle de la métaphore est infinie, du fait que les circuits allotopiques sont inépuisables Charbonnel (1999, 33): Il n'y a métaphorisation que s'il y a rapprochement entre réalités hétérogènes Tort (In Charbonnel, 1999, 73): [Toute réalisation métaphorique] consiste simplement dans la sélection de sèmes communs aux deux sémèmes mis en comparaison KLEIBER (1983, cité par MEYER, 1988) : il n' y a métaphore que si : (1) le sens littéral ne correspond pas à ce que qu'a voulu dire le locuteur / ou ne renvoie pas à un référent qui fait partie de sa référence virtuelle, (2) la compréhension de ce qu?a voulu dire le locuteur / ou la découverte du référent actuel « étranger » passe par la mise en application de mécanismes de similitude KLEIBER (1993, 208) : Le modèle de la comparaison est le seul [moyen] qui permette à l'interlocuteur de résoudre l'antinomie posée par une prédication d'appartenance déviante pour cause d'incompatibilité catégorielle (..) KLEIBER (1994, 54) : la déviance caractéristique d'une métaphore [est définie] comme résidant dans une procédure de catégorisation non conventionnelle, dans la proclamation d'une occurrence à, ou d'inclusion d'une classe dans, une catégorie à laquelle elle n'appartient normalement pas Kleiber (In Charbonnel, 1999, 102): A la base de toute métaphore il y a une transgression de l'usage ordinaire des termes et combinaisons, en somme un "délit littéral". Normalement, le terme lion n'est pas prévu pour être prédiqué d'un homme (Paul est un lion), de même que japper ne renvoie pas à une action faite par les vagues (Les vagues jappent). Il y a donc quelque chose d'inconvenant dans les énoncés métaphoriques, qui sert de critère identificatoire partiel dans la plupart des définition de la métaphore Kleiber (In Charbonnel, 1999, 132): Si la déviance métaphorique ne donne pas lieu à une lecture métonymique ou synecdotique, c'est parce que la déviance n'est pas identique, même si dans les deux cas, il s'agit d'un emploi catégoriel indu. Dans le cas de la métonymie/synecdote, l'emploi abusif résulte de l'utilisation de la catégorie d'une occurence pour une autre occurrence d'une catégorie incompatible, alors que dans la métaphore, il s'agit de la catégorisation d'une occurrence dans la catégorie qui ne lui est normalement pas destinée Klinkenberg (In Charbonnel, 1999, 157): Ecart de catégorisation, elle [la métaphore] établit des connections nouvelles dans nos structures encyclopédiques Prandi (In Charbonnel, 1999, 188): Envisagée dans réalité grammaticale, la métaphore se présente comme l'articulation linguistique d'un conflit conceptuel dans une forme spécifique en fonction de sa localisation dans la structure grammaticale et fonctionnelle de l'énoncé Cohen (1966, 205): La métaphore poétique est passage de la langue dénotative à la langue connotative, passage obtenu par le détour d'une parole qui perd son sens au niveau de la première langue, pour le retrouver au niveau de la seconde. (204:) Pour que la connotation , c'est-à-dire la poésie apparaisse, il faut que Sé1 et Sé2 n'aient aucun élément commun. Alors, et alors seulement, en l'absence de toute analogie objective, surgit l'analogie subjective, le signifié émotionnel ou sens poétique COHEN (1970, 21) : Toute figure, en fait, comporte un processus de décodage en deux temps, dont le premier est la perception d'une anomalie, et le second sa correction, par exploration du champ paradigmatique où se nouent les rapports de ressemblance, contiguïté, etc, grâce auxquels sera découvert un signifié susceptible de fournir à l'énoncé une interprétation sémantique acceptable. Si cette interprétation est impossible, l'énoncé sera renvoyé à l'absurde. (23 :) Tout écart exige sa propre réduction par changement de sens SOJCHER (1969, 66) : Renonçant au dualisme cohénien, il faut peut-être voir dans la métaphore, non pas le second temps de la figure, (la résolution de l'écart par changement du code), non pas un coup de force contre le langage, ni la création d'un langage nouveau, mais le seul niveau de l'approfondissement du langage prosaïque, toujours mieux approché, mieux approprié. Il n'y a pas de métaphore sans cette potentialité des rapports plus justes et sans sa mise en oeuvre, sans la motivation du signe (..) La métaphore, au sens large (..) substitue « au terme propre un autre terme que l'on détourne de son emploi et de son sens pour lui conférer un emploi et un sens nouveau » (Genette cité?) SOJCHER (1969, 68) : La métaphore est essentiellement pour nous ouverture à l'unité. Mais cette unité est confuse, elle échappe toujours de quelque manière à l'analyse logique, grammaticale. Elle ne se découvre que dans et par le langage poétique, et l'homme en lui la découvre et se révèle à lui-même. La métaphore est alors plus qu'une figure de style, elle est aussi une figure existentielle, puisqu'elle est à l'origine d'une conversion du regard, du coeur, de la pensée et du langage, sans laquelle il n'y aurait pas conscience métaphorique. ECO (1975, 44) : La métaphore naît d'une agitation interne à la sémiosis. (35 :) Sous l'apparent court-circuit métaphorique (grâce auquel la ressemblance entre deux sens semble déclanchée pour la première fois) il y a une trame ininterrompue de contiguïtés culturalisées (..). On peut inventer une métaphore grâce au langage qui, dans son processus de sémiosis illimitée, constitue un réseau multidimensionnel de métonymies dont chacune est expliquée par une convention culturelle plutôt que par une ressemblance originelle. (..) La métaphore repose sur une métonymie Eco (1988, 177): On a une métaphore quand, à partir d'une identité de métonymies (deux propriétés semblables dans deux sémèmes différents), on substitue un sémème par l'autre (...) Les métaphores sont des métonymies qui s'ignorent (...) Fontanier (1977, 99): Les tropes par ressemblances [c'est-à-dire les métaphores] consistent à présenter une idée sous le signe d'une idée plus frappante ou plus connue, qui, d'ailleurs, ne tient à la première par aucun autre lien que celui d'une certaine conformité ou analogie GROUPE MU (1967-68, 104) : L'essentiel du procédé revient à assimiler, sur un certain plan, deux signifiés apparemment étrangers. (..) La métaphore est ainsi le résultat de la substitution d'un mot à un autre sur la base de leur commune possession d'un noyau de sens dénoté. (..) Dans la métaphore on procède, autour d'un noyau fixe de sèmes, à des suppressions et à des adjonctions pour aboutir à la substitution GROUPE MU (1970, 62) : La métaphore est le changement de signification dans un mot employé pour un autre, à cause de quelque ressemblance (..). Toute métaphore renferme donc une comparaison. Mais elle en abrège l'expression DUBOIS (1975, 202) : La métaphore considérée comme intersection de deux ensembles sémiques comporte trois unités sémantiques (signifié de départ « D », signifié d'arrivée « A », signifié intersectif « I ») dont aucune n'est, en théorie, prééminente par rapport aux autres Groupe mu (1977, 53): La métaphore accouple deux synecdotes complémentaires, fonctionnant de façon inverse, et déterminant une intersection entre degré donné et degrés construits (cette intersection étant à la fois synecdote de l'un et des autres). (54:) La métaphore se fonde sur une intersection Klinkenberg (1990, 59): L'auteur reprend la définition qu'il a du ébaucher dans [Groupe mu 1977]. KLINKENBERG (1983, 67) : On ne remplace pas une portion d'énoncé déviante ou fautive par un « sens propre » : c'est l'interaction entre les deux degrés [donné et construit] qui fonde la figure. Un simple « remplacement » supprimerait toute médiation. (74 :) La figure procède donc d'un double mouvement : d'une part, elle porte atteinte à la stabilité de catégories très institutionnalisées, en y incluant des entités qui ne semblent pas a priori détenir la qualité constituant la catégorie ; de l'autre, elle constitue un jugement d'appartenance de deux entités à une catégorie, mais à une catégorie faiblement institutionnalisée, ou institutionnalisée le temps du discours Jongen (1980, 90): L'énoncé métaphorique est une affirmation implicite d'identité de propriétés par le biais d'une affirmation d'identité des supports de celles-ci. (89:) En d'autres mots, la prédication métaphorique identifie p une propriété implicite d'un terme a avec une propriété implicite d'un terme b Marchal (In Jongen, 1980, 116): Une expression linguistique sera dite métaphorique dans la mesure où les termes qu'elle met en jeu appartiennent à des langages différents, à des univers sémantiques différents. Produire une métaphore revient essentiellement à produire un nouveau langage, ou plus exactement une nouvelle pratique langagière. En effet, contrairement à la néologie qui consiste à renouveler le lexique en y introduisant des unités nouvelles, l'effort de la métaphore porte essentiellement sur le contexte d'usage d'un lexique déjà présent, et par là sur sa sémantique Lacan (1966, I, 504): L'étincelle créatrice de la métaphore ne jaillit pas de la mise en présence de deux images, c'est-à-dire de deux signifiants également actualisés. Elle jaillit entre deux signifiants dont l'un s'est substitué à l'autre en prenant sa place dans la chaîne signifiante, le signifiant occulté restant présent de sa connexion (métonymique) au reste de la chaîne. Un mot pour un autre, telle est la formule de la métaphore (...) Lacan (1966, II, 360): La métaphore est radicalement l'effet de substitution d'un signifiant à un autre dans la chaîne, sans que rien de naturel ne le prédestine à cette fonction de phore, sinon qu'il s'agit de deux signifiants, comme tels réductibles à une opposition phonématique Pirard (In Jongen, 1980, 161): [La métaphore est une] manière de symboliser au singulier. (1983:) [Elle ne peut être] le fruit que d'une greffe sémantique Lakoff (1985, 15): L'essence d'une métaphore est qu'elle permet de comprendre quelque chose (et d'en faire l'expérience) en termes de quelque chose d'autre Lebovici (2002, 170,171): [La métaphore] unit en elle deux aspects contradictoires, donc complémentaires: l'un est qu'elle précise par une image ce qui était incertain dans la pensée; l'autre est qu'elle crée et maintient autour d'elle ce 'halo poétique' cher à Verlaine. Il consiste à brouiller l'image d'un mot de la même manière que la circonférence de la lune est peu nette en raison du brouillard. Ainsi un mot incertain (et au contour non net) est rendu certain par une métaphore et en même temps redevient incertain à la faveur du halo dont la métaphore l'enveloppe, par le seul fait qu'elle parle d'autre chose que ce dont elle parle Le Guern (1973, 22): En obligeant à abstraire au niveau de la communication logique un certain nombre d'éléments de la signification, elle [la métaphore] permet de mettre en relief les éléments maintenus Le Guern (1973, 43) : La métaphore apparaît donc comme la formulation synthétique de l'ensemble des éléments de signification appartenant au signifié habituel du mot qui sont compatibles avec le nouveau signifié imposé par le contexte à l'emploi métaphorique de ce mot Lonnoy, 2001-2002, 23): Le concept de métaphore se base sur l'ajout de connotations à la notion de comparaison Gineste (1997, 25): (Après avoir précisé que l'analogie est une des modalités de la métaphore selon Aristote, l'auteur précise ce qu'elle entend par 'analogie':) L'analogie s'élabore à partir de deux champs de connaissances bien distincts, représentés à un certain niveau d'abstraction et dont les 'ressemblances' ne pouvaient être envisagées jusqu'à ce qu'ait été porté le jugement d'analogie. Ce jugement d'analogie est le résultat d'un raisonnement inductif qui aboutit à poser l'analogie entre les deux champs concernés CLIQUEZ ICI POUR LIRE LA SUITE DES DEFINITIONS DE LA METAPHORE RETOUR VERS LE HAUT DE LA PAGE La métaphore en question - Copyright Cédric Detienne 2004 - Plan du site - Vg-webdesign : référencement de sites internet |
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