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Discipline scientifique où a été élaborée cette notion : sémantique
Définition de l'isotopie :
1. a. "Un message ou une séquence quelconques du discours ne peuvent être considérés comme isotopes que s'ils possèdent un ou plusieurs classèmes en commun" (A. J. Greimas, Sémantique structurale, Larousse, 1966, p.53). Ou encore : L'isotopie est "la permanence d'une base classématique hiérarchisée" (Idem, p.96).
1. b. "Par isotopie, nous entendons un ensemble redondant de catégories sémantiques qui rend possible la lecture uniforme du récit, telle qu'elle résulte des lectures partielles des énoncés et de la résolution de leurs ambiguïtés qui est guidée par la recherche de la lecture unique" (A. J. Greimas, Du sens. Essais sémiotiques. Le Seuil, 1970. Cité par A. Hénault, Les enjeux de la sémiotique, PUF, 1993, p. 91)
2. "On appelle isotopie la résultante de la répétition d'éléments de signification de même catégorie" (A. Hénault, Les enjeux de la sémiotique, PUF, 1993, p.81).
3.a. "Un énoncé porteur d'une redondance qui assure l'homogénéité de son sens est dit isotope (le mot isotopie désignant cette homogénéité). Un énoncé violant cette loi d'homogénéité est allotope (on parle alors d'allotopie). Ainsi, un énoncé linguistique comme "je bois de l'eau" est isotope, alors que "Je bois du béton" est allotope" (J.-M. Klinkenberg, Précis de sémiotique générale, De Boeck, 1996, p. 118).
3. b. "On peut relier l'isotopie au concept de pertinence, ou d'économie sémiotique. Tout élément d'un énoncé s'inscrit en effet dans le contexte créé par les éléments qui l'ont précédé. On voit qu'il y a ici un effet multiplicateur de pertinence: dans un énoncé redondant, on abaisse le cout sémiotique de l'échange tout en maximisant son profit. Les informations déjà fournies viennent servir de toile de fond aux nouvelles. En s'associant aux premières, elles produisent de nouvelles informations et ainsi de suite. L'énoncé voit donc sa cohérence renforcée. Au passage, on aura corrigé la définition de l'isotopie sur un point : propriété de l'énoncé, elle dépend aussi de l'énonciation, puisque c'est le partenaire qui produit l'homogénéité sémantique, afin d'optimiser l'échange" (Idem, p. 245).
4. "Présence d'au moins un trait commun à au moins deux unités (sémantiques) situées sur l'axe syntagmatique" (J. Courtés, La sémiotique du langage, Nathan, 2003, p. 103)
Commentaire : Comme le mentionne J.-M. Klinkenberg, la notion d'isotopie est le point de départ de la définition de l'allotopie (Un énoncé allotope est un énoncé qui n'est pas isotope), notion souvent utilisée en métaphorologie pour désigner, au sein d'un énoncé, l'incompatibilité (ou la rupture de cohérence sémantique) entre deux domaines sémantiques (le domaine dit métaphorisant et le domaine dit métaphorisé). Par exemple, M. Le Guern estime que: "La métaphore (...), à condition que ce soit une métaphore vivante et faisant image, apparaît immédiatement comme étrangère à l'isotopie du texte où elle est insérée" (M. Le Guern, Sémantique de la métaphore et de la métonymie, Larousse, 1973, p. 16)
notions corrélées : allotopie, classème.
Bibliographie sommaire sur l'isotopie :
J. Courtés, La sémiotique du langage, Nathan, 2003. A. J. Greimas, Sémantique structurale, Larousse, 1966.
A. J. Greimas, Du sens. Essais sémiotiques. Le Seuil, 1970.
Groupe Mu, Rhétorique de la poésie, Seuil, 1990. A. Hénault, Les enjeux de la sémiotique, PUF, 1993.
J.-M. Klinkenberg, Précis de sémiotique générale, De Boeck, 1996.
J.-M. Klinkenberg, Le concept d'isotopie en sémantique et en sémiotique littéraire, In Le français moderne , 41ème année, N°3, D'Artrey, 1973.
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