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| Définition de : la paraphrase | ||
Commentaire : 1. Selon certains métaphorologues, toute métaphore est entièrement paraphrasable sans perte de sens (exemple : 'Jean est lion' est une métaphore qui serait, pour certains, paraphrasable par 'Jean est courageux'); selon d'autres métaphorologues, toute métaphore serait partiellement paraphrasable mais au dépend d'une perte plus ou moins significative de sens; selon d'autres encore, aucune métaphore ne serait paraphrasable. D'autre part, selon certains, toute métaphore est paraphrasable avec des termes dont le sens est dit 'littéral' ou 'propre', c'est-à-dire sans recours à d'autres métaphores. Selon d'autres, certaines métaphores nécessitent une paraphrase composée d'autres métaphores. En bref, il y a beaucoup d'opinions différentes concernant la paraphrasabilité des métaphores... 2. La définition de la paraphrase de C. Fuchs a l'avantage de présenter la paraphrase comme une activité exercée par un locuteur et/ou un interlocuteur. 3. La manière de C. Fuchs d'envisager la paraphrase l'amène a être attentive à la "variabilité des réactions des locuteurs en matière de paraphrase" (Idem, p.50). Cette variabilité "traduit en effet le caractère mouvant et subjectif des frontières que chacun établit entre le 'même ' et l' 'autre', en fonction du contexte et de la situation; les séquences qui sont perçues ou produites comme ayant le même sens par certains sujets seront perçues ou produites comme ayant un sens différent par d'autres sujets" (Idem, p.50). C. Fuchs, contrairement à d'autres linguistes, estime que la paraphrase n'est jamais un double parfait de l'énoncé paraphrasé; il n'y a pas d' "identité sémantique absolue" (Idem, p.50). Par ailleurs, autant, sémantiquement parlant, il n'y a jamais d'identité absolue entre la séquence X (paraphrasante) et la séquence Y (paraphrasée), autant "il est également incontestable que, dans leur activité paraphrastique en situation, les sujets les traitent comme si elles étaient identiques" (Idem, p.57). 4. Selon C. Fuchs, la paraphrase n'est donc pas quelque chose d'inscrit purement et simplement dans le système de la langue; Selon ses propres termes, la paraphrase n'est pas "une relation d'identité donnée a priori et une fois pour toutes" (Idem, p.116) ou une "propriété intrinsèque des expressions" (Idem, p.124); elle est par contre un "jugement de nature métalinguistique [de sujets énonciateurs]" (Idem, p.116 [et p.124]), c'est à dire "une identification dynamique effectuée par un sujet en situation (...) : c'est le résultat d'un certain processus de comparaison des sémantismes et de 'gommages' des différences jugées non pertinentes" (Idem, p.116). 5. Cette manière d'envisager la paraphrase semble intéressante dans le cadre de la paraphrase des énoncés métaphoriques (en particulier des métaphores vives) : 1. Il n'y aurait pas UNE et une seule paraphrase pour un énoncé métaphorique, puisque la paraphrase est toujours une activité qui se fait par TEL sujet dans TELLE situation (Et tel sujet pourra très bien envisager une autre paraphrase que tel autre sujet dans la même situation); 2. La paraphrase d'une métaphore est une construction active de la part d'un sujet en situation, les énoncés paraphrastiques ne sont donc pas des énoncés préprogrammés, c'est-à-dire qui seraient totalement inscrits en langue; 3. En conséquence des deux points qui précèdent, il apparaît que le métaphorologue n'est pas a priori le mieux placé pour dire si telle paraphrase est plus 'adéquate' que telle autre -contrairement à ce que pensent certains...
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