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| Définitions de la métaphore | ||
Suite des définitions de la métaphore:Reboul (In Meyer, 1986, 182): Il y a métaphore quand on condense l'analogie, en omettant d'exprimer certains de ses termes. ( 183:) [toutefois] La métaphore est plus qu'un simple raisonnement par analogie Dumarsais (Cité dans Meyer, 1990, 92): Ce n'est que par une nouvelle union des termes que les mots se donnent le sens métaphorique Normand (1976, 16): Nous prendrons [la] métaphore dans le sens étendu que lui donne Aristote, c'est-à-dire que nous comprenons sous ce terme la métonymie classique, emploi d'un nom pour un autre sans le rapport de ressemblance qui serait constitutif de la métaphore. Autrement dit, nous nous permettrons ici d'appeler métaphore tout processus de substitution, de déplacement Perelman (2002, 152): La métaphore n'est qu'une analogie condensée, grâce à la fusion du thème et du phore. A partir de l'analogie A est B comme C est à D, la métaphore prendrait l'une des formes 'A de D', 'C de B', 'A est C' Prandi (1992, 249) : (Reculant devant UNE définition de la métaphore, l'auteur a l'ingénieuse idée de plutôt construire une typologie des interprétations métaphoriques en se basant sur les deux théories dominantes: théories substitutive et interactive:) L'ensemble des interprétations virtuelles disponibles pour la totalité des tropes forme un continuum idéal encadré par deux options extrêmes: d'une part, la simple substitution du foyer, sans résidu interactif ou presque; de l'autre, une interaction conceptuelle ouverte, en principe inépuisable, en l'absence de toute possibilité de substitution ou de paraphrase substitutive cohérente PRANDI (2000, 26) : L'interprétation figurée peut être définie d'une part comme l'interprétation non littérale d'un contenu complexe conflictuel, et d'autre part comme un type d'interprétation non littérale qui impose une forme et un contenu spécifique au décalage entre signifié et message. (..) En l'absence de rails préétablis, le travail d'interprétation de la métaphore confère à l'interprète un espace virtuellement ouvert, et par conséquent met en relief sa responsabilité, exactement comme l'interprétation non littérale d'énoncés cohérents RICOEUR (1972, 98) : Si le sens métaphorique est quelque chose de plus et d'autre que l';actualisation d'un des sens potentiels d'un mot polysémique (..), il est nécessaire que cet emploi métaphorique soit seulement contextuel ; par là j'entends un sens qui émerge comme résultat unique et fugitif d'une certaine action contextuelle. Nous sommes ainsi amenés à opposer les changements contextuels de signification aux changements lexicaux qui concernent l'aspect diachronique du langage en tant que code, système ou langue. La métaphore est un tel changement contextuel de signification RICOEUR (1975, 11) : (..) le « lieu » de la métaphore, son lieu le plus intime et le plus ultime, n'est ni le nom, ni la phrase, ni même le discours, mais la copule du verbe être. Le « est » métaphorique signifie à la fois « n'est pas » et « est comme » Ricoeur (1975, 249): La métaphore montre le travail de la ressemblance, parce que, dans l'énoncé métaphorique, la contradiction littérale maintient la différence; le 'même' et le 'différent' ne sont pas simplement mêlés, mais demeurent opposés. (251:) La stratégie du langage à l'oeuvre dans la métaphore consiste à oblitérer les frontières logiques et établies, en vue de faire apparaître de nouvelles ressemblances que la classification antérieure empêchait d'apercevoir Costes (2003, 131): Il est impossible de comprendre quoi que ce soit de la métaphore-figure sans participation des signifés - donc des représentations de choses; impossible car la similitude, qui est l'opération qui fonde toute métaphore, n'opère jamais dans le champ associatif acoustique (...) mais toujours dans le champ sémantique, ou plutôt dans LES deux champs sémantiques mis en présence: toute métaphore est irrévocablement fondée sur une similitude sémantique Searle (1982, 129-130): La forme générale de l'énonciation métaphorique est celle où le locuteur énonce une phrase de la forme 'S est P' mais veut dire métaphoriquement que S est R Tamba (1981, 31): Le sens figuré s'avère donc être un sens relationnel synthétique, résultant de la combinaison d'au moins deux unités lexicales engagées dans un cadre syntaxique défini et se rattachant à une situation énonciative déterminée Ferrari (1997, 14): La métaphore n'est pas un phénomène essentiellement linguistique. C'est avant tout un processus de production de sens, qui peut apparaître indépendamment du média utilisé, et des signes de communication (...) Dans cette optique, la métaphore en langue ne fait que refléter un processus cognitif générique. Ce processus consiste, de manière simplifiée, à mettre en relation deux objets cognitifs d'une certaine manière. L'un alors appelé la 'source' de la métaphore, exprime un aspect de l'autre, qui devient la 'cible' de la métaphore Kremer-Marietti (2001, 14): La métaphore surimpose les signifiants en les condensant Breton (1924, 49): Les mots, les images ne s'offrent que comme tremplins à l'esprit de celui qui écoute. (50:) Le rapprochement se fait ou ne se fait pas. (51:) La valeur de l'image dépend de la beauté de l'étincelle obtenue; elle est, par conséquent, fonction de la différence de potentiel entre les deux conducteurs Benninger (2001, 32) : Le site de l'interprétation métaphorique est toujours la relation existant entre N1 et N2 (..). En effet, s'il y a métaphore, c'est bien dans l'association entre ces deux N que la déviance se situe Bernicot (1981, 480) : Pour les métaphores fondées sur des relations de similarité concrètes, on peut envisager un fonctionnement par associations verbales (une signification littérale et une signification métaphorique étant associées au même item lexical). Pour les métaphores fondées sur des relations de similarité abstraite, on peut envisager un fonctionnement par transfert de traits entre tropique et véhicule ou par nouvelle schématisation de la topique induite par le véhicule BIANCHI (2001, 109) : Dans l';interprétation d'une métaphore comme [Jean est un tigre], le destinataire doit découvrir l'aspect sous lequel Jean est semblable à un tigre, le sous-ensemble pertinent de traits qui fonde la similarité entre les deux objets. En effet, la relation de similarité doit être une relation motivée par un contexte pertinent ; elle doit également être une relation accessible : le destinataire doit pouvoir identifier cette relation facilement, rapidement et uniquement, en optimisant son effort BILLOW (1981, 441-442) : These metaphoric constructions involve the use of words with referents not designated by the literal or ordinary use of these words, but drawing attention to similarities between the word referent and the contextual referent at hand. A ball is referred to as a bomb because the ball has the shape similarity required for being a bomb. (...) The word and object have been related just because of the abstract similarity relation BONNET, TAMINE (1982, 17): Pour comprendre un énoncé métaphorique du type ce bébé est tout oiseau, il faut être capable de considérer que ce bébé et un oiseau sont similaires d'un certain point de vue. Il faut en effet adopter simultanément et conjointement sur ces deux objets deux points de vue différents : le point de vue qui crée la ressemblance et celui qui crée la différence. Il faut construire une intersection entre deux classes, la classe concernant bébé et la classe concernant oiseau BOUVEROT (1969, 133) : (..) dans de nombreux travaux de linguistes, la métaphore est présentée comme le résultat d'une comparaison abrégée ou sous-entendue (..). La comparaison est une figure de pensée, c'est-à-dire une attitude de l';esprit. Conformément à l'étymologie, elle consiste à placer mentalement côte à côte deux signifiés présentant une analogie BRODERICK (1991, 67) : [metaphor] involve figurative feature sharing BUSINO (2000, 70): (..) les schèmes analogiques et métaphoriques constituent invariablement les bases des catégories, des présupposes, des concepts et des schèmes d'énonciation des sciences de l'homme et de la société, (..) ils permettent de construire une structure du réel par le biais de la ressemblance des rapports des réalités hétérogènes et des isotopies différentes (..). CADIOT (2002, 55) : (..) situer la métaphore prédicative dans l'entre-deux de son statut lexical et son devenir discursif : - même lexicalisée, la métaphore est une fiction de catégorisation, une feinte linguistique suspendue dans le moment premier d'une instauration (..) ; - au plan discursif, la métaphore prédicative est la trace que laisse, dans l'anticipation d'un discours qu'on a fait basculer dans une objectivité forcément mythique, la saisie d'un composant de ce discours selon un point de vue externe, subjectif, mal assimilable. Cette trace linguistique d'un point de vue externe fait tache, parce qu'elle ne trouve pas de corrélat interne au monde-objet dans l'enchaînement thématique en cours. Elle reste ainsi placée telle un corps étranger qui n'a pas trouvé à se fondre dans son co-texte DE FORNEL (1993, 248) : (..) la classe des gestes métaphoriques : l'interprétation de ces gestes suppose une incongruité sémantique entre l'interprétation qui est attribuée au discours et celui qui est attribué au geste. (..) Il y a geste métaphorique s'il existe une incongruité sémantique entre la schématisation conventionnelle du geste et celle de l'expression verbale affiliée. En effet, il peut arriver que le geste, au lieu de reprendre un schématisation directement associable à celle de l'expression verbale affiliée, mobilise une autre schématisation, présente dans l 'entrée encyclopédique mais associée normalement à d'autres types de situation CHOMSKY (1965 ?, cité par DELAS, 1978, 66) : Les phrases qui violent les règles sélectionnelles peuvent souvent être interprétées métaphoriquement (..) par analogie directe avec des phrases bien formées qui respectent les règles sélectionnelles en question BICKERTON (1969, cité par DELAS, 1978, 78) : Une explication de la métaphore comme structure linguistique déviante mais interprétée, implique la notion centrale de violation de règles qui caractérise formellement ce que nous entendons lorsque nous désignons une structure comme « déviante » GLÄZER (1971, In DELAS, 1978, 93) : Toutes les déviations à partir des règles de sélection ne créent pas une métaphore ni une comparaison. Sélectionner ça et là des items lexicaux n'est pas encore constituer une chaîne métaphorique. Hormis la proximité ou l'éloignement sémantique des traits sémantiques catégoriels, il doit y avoir un minimum de correspondance sémantique entre les traits sémantiques idiosyncrasiques des items lexicaux comparés. Outre les traits inhérents (catégoriels), il faut pour l'interprétation stylistique des traits associatifs contextuels. Ils sont déduits de notre compétence empirique DETRIE (2000, 5) : Le sens figuré construit une représentation d'un monde vécu, rend compte d'un rapport personnel au monde sensible, qui met en tension les significations intersubjectivement stables et semble en jouer. (..) La figure est (..) envisagée non seulement comme un phénomène d'énoncé, mais surtout comme un phénomène d'énonciation, créateur de sens, parce qu'elle rejoue les découpages stéréotypés auxquels procèdent les réglages sociaux stables. (..) Les discours figurés construisent une figuration personnelle du réel. DILLER (1991, 210) : Le terme de métaphore conceptuelle (..) : des attributs appartenant à un certain domaine, qu'on appellera domaine-source, vont être transportés dans un autre domaine, appelé domaine-cible, dans le but de pouvoir conceptualiser ce domaine-cible, la compréhension métaphorique étant par nature conceptuelle FOURMENT-APTEKMAN (1996, 444) : Ce qui fonde la métaphore, c'est le lien unissant N1 (« topique ») et N2 (« véhicule ») et qui, dans la plupart des cas, repose sur la ressemblance ou l'analogie. Le travail du locuteur ou de l'auditeur consiste alors à extraire quelques traits de N2 pour les attribuer à N1. EN revanche dans les énoncés pseudo-métaphoriques, c'est une substitution globale qui s'opère, non pas entre les noms eux-même (N1 et N2), mais entre les référents-objets qui y correspondent : l'assiette devient, provisoirement , un chapeau FRANQUART-DECLERCQ, GINESTE (2001, 746) : [La métaphore se] définit comme un acte de prédication caractérisé par le déplacement des concepts de leur champ sémantique conventionnel JONASSON (1991, 65) : Par Npr [nom propre] métaphorique -;entends un Npr introduit par un déterminant et souvent accompagné de divers types de compléments. Son caractère primordial est signalé par une majuscule et il s'interprète comme décrivant ou désignant une personne qui ne porte pas le Npr en question mais qui est censée ressembler d'une manière ou d'une autre à un porteur réel ou fictif du Npr généralement connu dans la communauté linguistique KATZ (1989, 486) : (..) the interpretation of a metaphor involves the arousal of the meaning of one concept and mapping that meaning to a second concept. (..) to describe an object (the topic or target) in terms of another object (the vehicule or source). KERBRAT-ORECCHIONI (1994, 59) : L'identification d'un trope implique donc toujours la reconnaissance d'un décalage entre le sens littéral et le sens actualise, donc l'identification conjointe de ces deux niveaux de contenu, ainsi que la possibilité de les hiérarchiser à l'inverse de la normale. (..) Le trope, conformément à l'étymologie de son nom, a quelque chose de « retors » : il détourne du droit chemin l'énoncé qu'il investit, imposant à l'émetteur comme au récepteur un surplus de travail cognitif (..). RETOUR AUX DEFINITIONS PRECEDENTES RETOUR VERS LE HAUT DE LA PAGE La métaphore en question - Copyright Cédric Detienne 2004 - Plan du site - Vg-webdesign : référencement de sites internet |
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