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définitions de la métaphore
 

Suite des définitions de la métaphore:

KOFMAN (1971, 77) : [Chez Nietzsche,] il n y a pas de métaphore sans dépouillement de l'individualité, sans mascarade, sans métamorphose. Pour pouvoir transposer, il faut pouvoir se transposer, avoir vaincu les limites de l'individualité : il faut que le même participe à l'autre, soit l'autre. A ce niveau la métaphore est fondée sur l'unité ontologique de la vie, dont la figure est Dionysos

LAGANARO (1997, 144) : La métaphore implique le même processus d'inférence de l'attribut commun que la similitude, avec la différence que dans la similitude la topique est toujours explicite ainsi que parfois les prédicats saillants. L'opposition entre métaphore et similitude ne dérive donc pas du fait que l'une est métaphorique et l'autre littérale : les deux sont non littérales, mais l'une est directe et l'autre indirecte. Nous pouvons d'ailleurs envisager un continuum entre la similitude et la métaphore au lieu d'une opposition : une métaphore (« il est un lion ») peut être transformée en une similitude (« il est comme un lion »)

LALLEMAND (1975, 653) : (..) nous estimons qu'il y a métaphore lorsque au concept initial on substitue un analogue global qui, comme le précise le groupe de Liège [Groupe mu], présente un ou plusieurs sèmes communs avec le terme de départ donc, sur le plan logique, une intersection commune

LE NY (1975, 26) : La métaphore peut, d'une manière générale, être interprétée comme la capacité qu'a un parleur -généralement en fonction de conditions bien précises- de ne pas prendre en compte un certain nombre de mèmes [homologues psychologiques des sèmes (p17)] normalement contenus sous une unité lexicale et d'augmenter momentanément le relief de certains autres.

LE NY, FRANQUART-DECLERCQ (2001, 398) : La métaphore, et les représentations sémantiques individuelles qu'elle exploite, constituent un monde sans limite, un inépuisable univers de complexité, et de beauté

LOFFLER-LAURIAN (1994, 72) : Nous appelons « métaphore » en un sens très large toute image visuelle, toute comparaison, exprimée linguistiquement, tout glissement d'un concept à un autre, tout déplacement sémantique (..). La métaphore opère par analogie et substitue un référent à un autre en établissant un lien sémantique entre les deux

LÜDI (1991, 24) : la métaphore est un schéma discursif constitué par une incongruence entre termes métaphorisés et co-texte et/ou contexte métaphorisant et par un postulat d'analogie.

MOLINO, SOUBLIN, TAMINE (1979, 16) : La métaphore unit ce qui est à la fois semblable et dissemblable : elle est la forme même de la connaissance créatrice qui fait la synthèse du divers et unit semblables et contraires dans une totalité organique vivante. (..) La métaphore n'est pas mise en évidence d'un sème commun, elle est possibilité indéfinie de trouver de nouveaux sèmes communs. (..) La métaphore est l'outil grâce auquel le langage n'est pas un code, mais un système symbolique en perpétuelle activité et incessante transformation : l'opposition du propre et du figuré ne fait qu'inscrire dans la langue la dialectique essentielle entre la langue et le discours

MOLINO (1979, 91) : La métaphore apparaît immédiatement comme une des statégies linguistiques par lesquelles peut se manifester l'analogie

NIETZSCHE (1971, 112) : [La métaphore] ne crée pas des mots à neuf, mais elle déplace la signification

NYCKEES (2000, 117) : Comme tout énoncé tropique, un énoncé métaphorique catégorise une entité en s'écartant de l'ordre catégoriel homologué par la langue. On parle de métaphore, plutôt que de synecdote ou de métonymie, lorsque cet écart catégoriel est perçu comme une invitation à explorer une analogie, autrement dit lorsque, pour une raison ou une autre, une interprétation analogique apparaît, dans le contexte considéré, comme le meilleur moyen de donner un sens à cet énoncé catégoriellement déviant.

NYCKEES (2000, 137) : Apprendre à métaphoriser, c'est peut-être, à certains égards, se couler dans un moule contraignant, apprendre les rigueurs de 'expression, mais c'est aussi et surtout apprendre à penser, s'ouvrir à une infinité de nouvelles connections, de nouveaux modes de catégorisation de l'expérience

PASSERON (2000, 15) : La métaphore n'est que la figure linguistiquement la plus visible de l'analogie, qui apparaît ainsi au principe de tous les déplacements créateurs de significations nouvelles dans une langue.

PROKHORIS (2000, 50) : [Métaphoriser, c'est] ramener l'inconnu à du connu, en nous figurant que, par l'un de ses bouts au moins, il pourrait offrir quelque ressemblance avec lui, il pourrait être reconnu

RASTIER (1994, 98) : Pour la métaphore in praesentia, c'est la disparate des domaines ou des dimensions qui est l'nterprétant. Si dans le contexte une isotopie générique est dominante, le sémème indexé sur cette isotopie sera comparé, l'autre comparant. (..) Quand à la métaphore in absentia, elle instaure une connexion symbolique qui doit être identifiée par des conjectures concordantes sur le discours, le type de l'oeuvre, le genre de texte, la hiérarchisation idiolectale des isotopies

REBOUL (1991, 92) : Dans le cas des métaphores comme dans celui des usages approximatifs du langage, le locuteur s'engage sur la vérité, non de l'énoncé communiqué, mais de l'ensemble des implications contextuelles qu'il entend communiquer

TAMBA, SALTERI-CACOUROS (2001, 54) : Le sens figuré résulte de l'interaction du sens structurel de la configuration et du sens lexical des N [noms]. Ainsi [dans la métaphore nominale ] le GN1 sujet, qui assure l'identification du référent discursif, constitue le terme métaphorisé, et le GN2 attribut, qui spécifie le prédicat catégoriel, est le terme métaphorisant

SCHIFKO (1988, 18) : La métaphore vivante est une relation entre au moins deux éléments d'une chaîne d'unités linguistiques plus ou moins longue, respectivement entre deux domaines référentiels dénotés par eux, qui a pour fonction de créer des effets de communication particulièrement suggestifs ou expressifs. Cette relation est l'attribution d';un prédicat r (le rhème ou commentaire, l'unité métaphorisante ou comparante, ce qui est affirmé) à un terme explicite ou implicite t (le thème ou topique, l'unité métaphorisée ou comparée, ce dont il s'agit), fondamentalement par l'identification de T (denotatum de t) avec R (denotatum de r). La relation métaphorique est un écart de la norme sémantique et référentielle néanmoins interprétable qui se manifeste par l'incompatibilité de r avec t dans la dimension syntagmatique, respectivement de R avec T du point de vue référentiel. La métaphore crée une fusion spécifiquement structurée des domaines T et R par la médiation d'une identité partielle ou d'une relation analogique entre T et R

SOUBLIN (1973, 249) : Toute métaphore in praesentia se fonde sur une anaphore, ou co-référence de deux termes.

SOUBLIN (1973, 255) : (...) à nos yeux, postuler que le bon sens est la norme du discours et décrire ensuite les écarts engendrés par cette norme fictive comme autant de transgressions délibérées émanant d'un sujet « libre », c'est vouloir méconnaître les structures proprement linguistique, leur complexité, leur force régulière

TAMBA (1975, 234) : [Dans les métaphores appositives « Mon coeur au chaud, ce lapin, derrière- » et « Un velours vivant, ce temps de paix »], isolés de leur support fonctionnel, les groupes soulignés, ce lapin et un velours vivant ne déclanchent plus aucune figure métaphorique. Celle-ci jaillit du rapprochement qu'accomplit la construction appositive entre les deux substantifs accouplés dans l'apposition. Seule la relation qu'entretient ce lapin avec mon coeur, est à l'origine d'une interprétation figurée. Il suffit de supprimer l'un des deux termes associés par l'apposition pour que la figure disparaisse. Dès lors, réduire l'apposition à un seul groupe nominal c'est se condamner à méconnaître les propriétés syntaxiques et sémantiques qui s'attachent à l'unité fonctionnelle que constituent les deux substantifs apposés

TAMINE (1979, 65) : La notion de métaphore déborde ainsi le terme métaphorique lui-même, et s'élargit à cette unité plus vaste que constitue l'union des deux termes propres et métaphorique dans une configuration syntaxique donnée. Dans les exemples suivants : a. « Le ciel est un dé à coudre » b. « Trop de tentations malgré moi me caressent », la métaphore n'est pas en a. un dé à coudre et en b. caressent, car les termes propres ciel et tentations y sont également importants

TAMINE (1979, 65) : Si l'on désigne par Tp le terme propre, Tm le terme métaphorique, et R la relation qu'établit entre eux la syntaxe, le schéma général des métaphores est le suivant : Tp R Tm

TODOROV (1970, 30-31) : La métaphore, alors, n'est qu'une double synecdote. Tout se passe, dans la métaphore, comme si un sens intermédiaire, la partie identique des deux sens en jeu, avait fonctionné comme synecdote de l'un et de l'autre. Pour que les deux sens puissent être subsumés par le même signifiant (comme si ce n'était pas deux sens mais un seul), on procède « d'abord » à une représentation synecdotique de chacun. Par exemple, /flexible/ est une synechdote pour /bouleau/ et pour /jeune fille/ [dans la métaphore « Cette fille est un bouleau »], ce qui permet de donner à « bouleau » un sens métaphorique proche de celui du mot « jeune fille » (..). La métaphore n'est qu'une double synechdote

TODOROV (1975, 197) : Toute métaphore même ne comporte pas d'anomalie : la métaphore peut être signalée par des indices extérieurs à la phrase (par exemple un énoncé métalinguistique, ou une autre phrase décrivant le même fait). L' « erreur catégorielle » n'est aucunement nécessaire à l'identification de la métaphore (..) : il n'y en a pas dans « j'ai vu une rose », même si cette rose symbolise une femme : je peux bien voir des roses

TODOROV (1975, 196) : Les formes grammaticales prises par ce type de phrases varient (cela peut être une construction attributive ('), ou une apposition, ou une comparaison, etc), ce qui reste fixe est : a) la co-présence du terme métaphorique et du terme non métaphorique,se référant à la même chose, et b) la transformation sémantique qui s'opère dans l'un des mots

VONECHE (1986, 126) : On peut définir trois attitudes quant à la métaphore. Dans le premier cas, que nous appelons l'attitude conservatrice, la métaphore se réduit à un changement d'étiquettes. Un nom qui appartient à une chose est employé pour en désigner une autre. Cette opération laisse les deux choses intactes ; elles ne sont aucunement transformées par le déplacement d'étiquettes. Dans le second cas, la métaphore est considérée comme l'emprunt légitime d'un mot pour désigner une expérience autrement ineffable et littéralement sans nom. A la suite de ce emprunt (..), certaines expériences, particulièrement nouvelles ou inhabituelles, peuvent s'exprimer. Le troisième cas radicalise complètement la situation. C'est pourquoi nous l'appelons, après Cassirer, métaphore radicale. Pour l'attitude radicale, la métaphorisation n'apparaît pas seulement dans le cas d'expériences neuves et non familières (..) ; elle est indispensable à la formulation de tout concept

WATTEAU : La création de la figure métaphorique est réalisée de manière volontairement insolite, et ce caractère inhabituel affecte non seulement les liens évoqués avec les réalités extralinguistiques mais aussi les relations entre constituants ou « référents » à l'intérieur de l'énoncé. La compréhension de ce dernier par un lecteur ou un auditeur est, de son côté, soumise à des contraintes psychologiques ; l'activité interprétative déployée nécessite des inférences pour tenter de surmonter l'apparente incohérence du contenu de la figure.

WINNER (1979, 471) : Metaphor refers to a figure of speech in which a word, phrase, sentence, or even larger segment of language is transported from its customary context to a novel domain. In the earlier example [Moon is a ball], ball is applied to an element from the realm celestial bodies; what unities the two elements, moon and ball, and thus motivates the metaphoric transfer, constitutes the ground of the metaphor -; in this case, what is shared is a spherical shape

WINNER (1979, 488): (1) Early metaphors consist simply in applying new names to discrete physical objects. (2) These new names are based on the physical properties and functional affordances of objects rather than on affective aspects of experience. (3) Early metaphors are based on isolated properties of objects, rather than on a converging set of properties. (4) And Finally, they are uttered only in the immediate tangible presence of the eliciting object

PRANDI (2002, 7): Il s'avère simplement impossible de donner une définition de la métaphore qui soit à la fois générale et exhaustive -; qui s';applique à toutes les métaphores et qui explicite en même temps les propriétés qualifiantes de chacune. Ce qui arrive en fait, c'est que plusieurs définitions de la métaphore, assez hétérogènes pour être incompatibles, sont chacune appuyées par quelques-unes des données, alors même qu'aucune n'est adéquate pour la généralité des métaphores

PRANDI (2002,7) : La métaphore peut être définie ou bien comme une structure conceptuelle indépendante que l'expression linguistique se charge simplement de véhiculer, ou bien comme un conflit conceptuel dont la mise en place demande l'intervention d'une expression linguistique aux propriétés spécifiques -; et donc comme le signifié d'une expression linguistique spécifique, dépourvu d'une contrepartie conceptuelle indépendante

DE VINSAUF (cité par PRANDI, 2002, 10) : La métaphore est une brebis qui broute dans le pré du voisin

PRANDI (2002, 16) : Bâtissant des expressions qui sont à la fois signifiantes et étrangères à la légalité conceptuelle, les métaphores incohérentes sont des sondes lancées au-delà des frontières de la pensée cohérente pour explorer un territoire conceptuel inconnu qui est le domaine exclusif de la métaphore. Si cela est vrai, ce n'est pas le transfert cohérent de concept mais le transfert incohérent qui doit être considéré comme le cas le plus typique de transfert métaphorique.

PRANDI (2002, 19) : Les métaphores les plus typiques, celles qui réalisent le mieux le potentiel ouvert par le transfert conceptuel, sont les métaphores relationnelles incohérentes et non substitutives qui poussent vers la recherche d'analogies projectives

PRANDI (2002, 18) : La métaphore vive (...) se présente précisément comme un conflit conceptuel ouvert, qui n'est pas canalisé dans des rails préétablis, et donc ouvert sur un nombre indéfini de solution du milieu communicatif qui l'accueille

EL ZAÏM (1994, 10) : Au niveau de l'expression, la métaphore devient la solution au cas où le terme orthonyme n'existe pas encore ou ne répond pas complètement à ce que l'énonciateur veut dire. L'orthonyme étant « la lexie (mot ou toute séquence mémorisée) la plus adéquate, sans aucune recherche connotative, pour désigner le référent » [Pottier], changer cette « dénomination immédiate » pour une dénomination médiate suppose « une opération supplémentaire ». La métaphore est le résultat d'une opération de dénomination indirecte (médiate)

EL ZAÏM (1994, 35) : La métaphore novatrice n'est pas dans la langue, mais dans l'expérience (..). Pour remontrer jusqu'à la nature de la métaphore, il faut atteindre le niveau cognitif, origine de la métaphore (perception) et lieu de sa production (conceptualisation). Si l'on n'atteint dans la remontée que le langage puissanciel ou langue, on reste à l'étape de l'expression. La métaphore est avant tout im-pression

BETSGEN, CABIAUX (2002, 332) : Sur la base d'une définition très générale de la métaphore comme une manière d'expliquer quelque chose en utilisant les termes d'autre chose, on définira la topique comme la cible de la métaphore (ce dont on veut parler) et le véhicule comme la source de la métaphore (ce qui permet d'en parler)

TAMINE (non daté -« Métaphore, analogie et syntaxe ») : Créant des « connexions sémantiques » (Schangler) nouvelles, elle [la métaphore] permet de « concevoir quelque chose d'autre et de nouveau, et de gagner pour la première fois un point de vue différent qui pourtant se rapporte au sens et à la connaissance »(idid.). Parler d'analogie ou de ressemblance signifie simplement qu'on peut circuler du thème au phore, « d'un cerle du sens à un autre » (ibid.)

JAKOBSON (1963, 61) : Le développement d'un discours peut se faire le long de deux lignes sémantiques différentes : un thème (topic) en amène un autre soit par similarité soit par contiguïté. Le mieux serait sans doute de parler de procès métaphorique dans le premier et de procès métonymique dans le second, puisqu'ils trouvent leur expression la plus condensée, l'un dans la métaphore, l'autre dans la métonymie

JAKOBSON (1963, 66) : La similitude relie un terme métaphorique au terme auquel il se substitue

BROCKMAN, LAKOFF (non daté ? « Philosophy in the flesh », a Talk with Lakoff) : According to Lakoff, metaphor appears to be a neural mechanism that allows us to adapt the neural systems used in sensory-motor activity to create forms of abstract reason

DEBATIN (1997,1): As Nelson Goodman has pointed out, a metaphorical predication creates novel symbolic distinctions and rearranges things within a symbolic sphere in a new way.

SEITZ (2001) : metaphoric processes originate in sensory and perceptual systems and these processes emerge early in development and are dependent upon brain regions and somatic system in which motor and non-motor (cognitive) systems overlap [se chevaucher]

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