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| Qui porte la responsabilité de la compréhension de l'énoncé métaphorique? | ||
Ecrit par C. Detienne
a.
La responsabilité de l'énonciateur Celui qui énonce une métaphore peut soit faciliter soit rendre difficile (ou même impossible parfois) l'accès à la compréhension de la métaphore.
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Pour exprimer sa pensée, il va devoir faire un choix dans l'échelle de métaphoricité : l'énonciateur s'exprime-t-il avec un hapax métaphorique, une métaphore conceptuelle, une métaphore lexicalisée ?
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Pour exprimer sa pensée, il va devoir faire un choix dans l'échelle de l'implicite : l'énonciateur facilite-t-il l'accès à la compréhension en explicitant (1) le métaphorisant au sein de l'énoncé et/ou (2) le tertium comparationis (le sème faisant pont entre le métaphorisant et le métaphorisé)?
b.
La responsabilité de l'interlocuteur Celui qui reçoit la métaphore peut se positionner subjectivement de diverses manières par rapport à l'énonciateur :
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Soit l'interlocuteur est coopératif : 1. Il n'estime pas qu'il y a allotopie. Il prend alors la métaphore à la lettre : « Le récepteur ne constate pas d'écart. Pour lui, l'énoncé entier est isotope. C'est par exemple le cas lorsque ce qui est émis comme sous-entendu est pris au pied de la lettre par le destinataire, ou quand un énoncé comme ‘c'est une tigresse' est prononcé dans une société totémique, où il n'y a rien de contradictoire à être à la fois un animal et un être humain » (Klinkenberg,2000,68). 2. Il part de l'idée que ce qu'a énoncé le locuteur est pertinent mais pas compréhensible directement. Il surmonte l'absurdité de la distorsion métaphorique et se met à la recherche (1) du thème (ou métaphorisé) s'il n'est pas explicité dans le discours du locuteur ou dans le contexte extralinguistique ; (2) du tertium comparationis que le locuteur a voulu isoler. Il y aura mécompréhension entre le locuteur et l'interlocuteur s'il n'y a pas de correspondance entre le thème (ou métaphorisé) et/ou le tertium comparationis. Si l'interlocuteur n'arrive pas à isoler ces deux paramètres essentiels à la compréhension de la métaphore, il a toujours la possibilité de questionner l'énonciateur à ce propos[1].
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Soit l'interlocuteur n'est pas coopératif : Dans ce cas, il reste bloqué (volontairement ou non) au premier moment de la métaphore, le moment de la stupéfaction, de l'énigme, de l'absurdité, de l'erreur catégorielle. Ici, l'interlocuteur ne posera pas de question pour désambiguïser la métaphore (c'est-à-dire réduire l'absurdité), il mettra l'échec de la compréhension sur le dos du locuteur. Il dénie y être pour quelque chose dans la mécompréhension. « Ca ne veut rien dire ce que tu dis… ». [1] Par exemple pour la métaphore ‘C'est un vrai chimpanzé !': (1) s'il y a ambiguïté au niveau du thème (ou métaphorisé) : ‘Qui est un vrai chimpanzé ?'. (2) S'il y a ambiguïté au niveau du sème isolé : ‘En quoi est-ce un vrai chimpanzé ?' |
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